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Tissés d'aléatoire

Frédérique Metzger

Ce projet a été réalisé dans le parc de la mairie de Panazol et s’articule comme un parcours.

A l’aide de pochoirs géants fabriqués à partir de plusieurs images de napperons, une trentaine de dessins éphémères à la peinture servant à tracer les terrains de sport sont installés au pied des arbres, plus ou moins lisibles suivant le point de vue, l’heure du jour et l’intensité de la lumière. Ils se mêlent ainsi parfois à l’ombre projetée des feuilles.

Le principe des parterres de broderie sculptés dans les buis des Jardins à la française qui se sont développés autour des châteaux à partir du XVIe siècle était de corriger et d’ordonner la nature en y imposant la symétrie. Ils mettaient en scène des jeux de perspective et utilisaient les courbes pour mener le regard vers le fond du jardin.

Mes parterres sont au contraire tissés d’aléatoire, ils proposent une circulation vagabonde, apparaissent au détour d’un chemin et soulignent un élément du paysage. Ils restent invisibles à qui ne veut pas prendre le temps de les voir et s’effacent progressivement pour disparaître complètement au bout de quelques jours. Gilles Deleuze le dit ainsi : « L’image ne dure que le temps de notre plaisir, de notre regard. »

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