Surface d'échange
Frédérique Metzger
L’installation Personne d’autre, présentée dans la chambre de l’Appart’ à Poitiers, rassemble plusieurs pièces ayant chacune son propre titre. Si la chambre, où le corps s’abandonne (au sommeil, au plaisir), est le lieu de l’intimité par excellence, je n’entends pas l’intime ici et en général dans mon travail comme autobiographie ou autofiction ni le résume à l’organique ou au psychanalytique. Ces aspects ne sont que prétextes à interroger les limites du visible et du conscient. Ce qui m’intéresse c’est comment un «nous» peut se dessiner dans l’approche de cette notion aujourd’hui redéfinie par les nouveaux médias et dispositifs que sont la télé-réalité, les caméras de surveillance, les réseaux sociaux du net… Il me semble d’autant plus opportun d’explorer, dans le contexte de cette transformation sociétale, ce que Pierre Zaoui nomme «Le paradoxe du sens intime» explicité ainsi : « je est un autre, c’est seulement sous le plus personnel qu’on découvre l’impersonnel». 1
Je travaille autour d’images, de matériaux, de gestes et d’ambiances parfois liés au corps et ses représentations mais plus généralement à la peau, qui est la frontière-même entre le dedans et le dehors, le singulier et le collectif.
1. Pierre Zaoui, Deleuze et la solitude peuplée de l’artiste (sur l’intimité en art), in L’intime, D’art en questions, Ecole nationale des beaux-arts, p.46