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Fairy double

Jean-Marc Bermès

Frédérique Metzger est une artiste, et, comme telle, prête à tout pour faire œuvre.

 

Or elle est très pudique, elle ne cherche pas à séduire, elle délègue aux objets et aux matériaux son énergie, sa force de conviction, d’où une prolifération inextinguible de savons, d’éponges, de dentelles moulées au pistolet à colle, design étrange dont le seul résultat apparent est d’expulser l’habitant de tous les espaces normalement utilisables : cuisine ? salle de bains ? toilettes ? chambre ?

 

Pourtant, si le corps de l’artiste n’est nulle part sa présence est partout, à sentir, à entendre, à goûter : qu’est-ce à voir ?

 

La pudeur se retourne, comme un gant, en une exhibition sans gène de l’intimité la plus cachée aux regards cultivés par la beauté des formes : la peau, les tissus intestinaux, un genou, une oreille, sont le philtre par lequel les humeurs inquiètes et cruelles de son enfance se donnent à voir.

 

Par l’habileté féerique des mains de Frédérique Metzger, ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, les songes n’ont pas, ici, de clé, ils sont autant de cailloux sur le chemin qui mène à ce que nous aimons, et qui nous mangera.

Jean-Marc Bermès, juillet 2009

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